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July 10th, 2010 at 12:57 by Magali Tardivel-Lacombe

“Ce livre a changé ma vie”

Rencontre à Jakarta, Java (Indonésie) avec Stella Maris Stutina, auteur de I love U by God

Copyright Steve Teo“Un jour, alors que ma fille avait presque quatre ans, elle a entendu quelqu’un s’exclamer à la télévision ‘Oh my God !’ Elle semblait perplexe : ‘Qu’est-ce que c’est, Oh my God ?’ Alors je lui ai expliqué que c’était une expression, et que Dieu était comme quelqu’un qui l’aimait beaucoup. Apparemment, ça l’a rendue encore plus perplexe : ‘Comment ça, beaucoup ?’ Sans le vouloir, les enfants ont parfois l’art et la manière de vous mettre dans l’embarras ! J’ai donc essayé de lui parler de ce qu’elle connaissait. ‘Il t’aime plus loin et plus fort que tout ce qui t’entoure : plus loin que le ciel, plus profond que la mer, plus haut que l’arbre le plus grand que tu aies jamais vu’. Elle a réfléchi, toujours avec une mine un peu perplexe, puis elle m’a demandé : ‘Même quand je dors ?’ ”

“C’est ainsi que tout a commencé”, raconte Stella Maris Stutina. A l’époque, elle travaillait dans la communication, et elle a réalisé que ce dialogue avec sa fille pouvait donner naissance à un livre. Elle s’est adressée à Concept, un magazine de design dont la fraîcheur et la créativité la touchaient beaucoup. Quant à eux, séduits par l’idée de Stella, ils l’ont aidée à la mettre en images. Par la suite, ils l’ont mise en relation avec Indonesia Printer, qui a alors créé le label “Bright Idea Publishing”, dont le premier titre a été… I love U by God (publié en français en 2009 par les éditions Signe sous le titre Dieu t’aime). En suivant le dialogue avec sa fille, elle a réalisé un livre interactif à toucher, à déplier, à faire briller dans le noir. Quelques mots par page seulement… en anglais. ” J’ai choisi d’écrire en anglais et pas en indonésien, parce que je voulais toucher le monde entier. J’ai vraiment fait attention à la simplicité du langage et maintenant, mon livre est utilisé dans les écoles primaires et les villages de pêcheurs dans le cadre des cours d’anglais”, raconte Stella.

Entretien avec Stella MarisLa jeune femme évoque l’intense solitude qu’elle a ressentie lors de la parution de son grand livre en carton, concomitante à un vaste battage médiatique pour l’anniversaire de Dora Emon, le célèbre robot-chat japonais tout bleu. Par chance, toutefois, elle a pu lancer I love U by God à la Foire du Livre de Francfort 2008, les premiers exemplaires tout chauds sortis des fours de l’imprimerie. Sa vocation initiale lui a soufflé que les choses pouvaient prendre de l’ampleur si elle toquait aux portes bien placées. Alors elle a fait parler du livre dans les médias : entre autres, Kompas (le plus important quotidien indonésien ), Femina, Nakita, lui ont consacré un article. Elle a reçu le soutien de la Kiwanis International Asia-Pacific Conference, ainsi que de la National Commission for Child Protection. En 2008 toujours, elle a reçu l’Indonesian Printing Award, créé sur mesure pour ce livre hors catégorie.

Et depuis, Stella l’emmène partout.

“Avant, je n’allais à l’école que pour ma fille, mais avec le livre, je suis invitée pour faire des lectures, animer des ateliers où j’explique comment réaliser un livre… Souvent, je dis aux enfants qu’il me manque une page et que j’ai besoin de leur aide ; ça les encourage à exprimer leurs idées et à réfléchir sur la manière dont ils se représentent l’amour que Dieu leur porte. A chaque fois que je le lis en public, je le redécouvre, selon les réactions qu’il suscite. Je suis toujours émue de voir à quel point il parle aux adultes aussi, alors que les tracas quotidiens leur font oublier que Dieu les aime !”

Un livre qui aide a apprendre a lire l'heureAprès ce franc succès, qui l’a fait connaître, entre autres, en Hollande, en France, en Russie, en Corée, Stella a décidé de se consacrer à l’écriture pour enfants. Elle veut d’abord continuer de développer le thème de l’amour, avec I love U by Mum et I love U by Dad (à paraître). De même, une série de livres sur la paix est en germe, ainsi qu’une autre sur la tolérance, qui comptera dix titres.

Stella explique qu’elle voit de plus en plus de livres pour enfants en Indonésie, mais qu’il s’agit surtout de traductions. Elle se positionne donc dans les toutes premières générations d’auteurs jeunesse indonésiens. Un créneau encore difficile à creuser, car si la classe moyenne achète volontiers des livres à ses enfants, c’est avec une nette préférence pour les ouvrages étrangers, bien souvent plus beaux que ceux produits en Indonésie. Peu à peu, les éditeurs locaux prennent conscience qu’il est dans leur intérêt de choisir un papier de meilleure qualité et une impression plus soignée ; le prix de vente en sera certes plus élevé, mais à moyen terme, les acheteurs s’intéresseront de plus près à la production nationale. Le succès de I love U by God confirme d’ailleurs cette observation.

Copyright Steve TeoI love U by God a également changé la vie de Kyla, la fille de Stella. En effet, quand ses amies ont vu son nom inscrit à côté de celui de sa mère sur la couverture de l’album, elles lui ont dit que c’était impossible qu’une petite fille comme elles puisse écrire un livre. Pour lui redonner confiance, Stella lui a suggéré d’écrire un autre livre, complètement seule. C’est ainsi qu’à l’âge de 7 ans, Kyla Christie Hambali a rédigé et illustré elle-même Who wants to play with me? (”Qui veut jouer avec moi ?”), où elle raconte ses difficultés de fille unique à trouver quelqu’un dans sa famille qui voudrait jouer avec elle. Publié à compte d’auteur et disponible notamment sur Amazon, car Kyla souhaite le partager avec d’autres enfants dans le monde, ce titre a été suivi par Who wants to help me? (”Qui veut m’aider?”). Les éditions Gramedia, qui détiennent par ailleurs la plus grande chaîne de librairies d’Indonésie, ont évoqué l’idée de publier ces livres, à la condition d’en faire une série de cinq tomes. Mais cela ne s’est pas encore concrétisé, en partie parce que Stella craint que cela n’implique une cadence de travail contraignante pour Kyla. “De toute façon, elle a 9 ans maintenant, et elle dit qu’elle ne veut plus écrire de livres pour les bébés. Elle parle de romans, désormais !” En attendant de pouvoir les lire, Stella choisit sans aucune hésitation son livre pour l’île déserte. Vous devinez lequel ?

Photos 1 et 4 : copyright Steve Teo

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April 15th, 2010 at 03:27 by Magali Tardivel-Lacombe

Trois bouts de ficelle et du carton

Rencontre avec Yaxkin Melchy et Lauri Luciernaga,

poètes et cartoneros à Mexico City (Mexique)

Yaxkin Melchy, haut comme trois pommes malgré ses 25 ans, nous reçoit dans son appartement, où les murs blancs décorés de grand pochoirs revendiquent son activité de grapheur urbain, art pratiqué aussi par Lauri Luciernaga, 30 ans, qui nous rejoint bientôt. Yaxkin Melchy chez luiLe premier est mexicain et fait des études de littérature ; la seconde, salvadorienne, est journaliste pour diverses revues en ligne (El Faro, La Red). Tous deux sont poètes et cartoneros. Poète, on comprend sans problèmes de quoi il s’agit. L’un et l’autre de parents scientifiques, ils s’amusent à détourner les formules de physique ou de mathématiques pour inventer un langage poétique. “C’est ainsi que j’ai découvert que j’aimais la physique. Je ne l’aurais jamais cru !” s’exclame Yaxkin, auteur de Los poemas que vi por un telescopo (”Les poèmes que j’ai vus au téléscope”), couronné en 2009 par le Prix national de poésie jeune Elias Nandino. Il dirige par ailleurs la publication de la revue littéraire et poétique Trifulca, qui vient de recevoir, dès son numéro 6, une dotation étatique de 4000 pesos [environ 250 euros] par numéro pour une durée d’un an (Programme Edmundo Valades), ce qui couvrira les frais d’impression. 2009 a également consacré Lauri, récompensée par le “Prix interaméricain de poésie navachiste” (du nom d’une plage mexicaine) pour son recueil Sucias palabras de amor (”Sales mots d’amour”). Bref, pas besoin d’écrire des pages d’alexandrins pour expliquer ce qu’est un jeune poète prometteur.

Lauri LuciernagaMais cartonero, kesako ? Nous en avions déjà entendu parler à La Paz en Bolivie, quand nous avions cherché à rencontrer l’équipe de Yerba Mala Cartonera, malheureusement aussi insaisissable que des rayons de soleil. Un cartonero, c’est en quelque sorte un éditeur bricoleur qui récupère du carton où il peut, la plupart du temps dans la rue, imprime lui-même les textes de son choix, illustre et relie à la main les ouvrages, qui ressemblent (en beaucoup mieux) aux petits livres que je m’amusais à confectionner étant gamine. Mais dans le cas d’un cartonero, le résultat est proche d’une oeuvre d’art, ou du moins se proclame comme tel. D’ailleurs, chaque exemplaire est unique, en particulier parce que le carton utilisé pour la couverture comporte souvent des inscriptions antérieures comme “Fragile”, “Papier blanc” ou “52 boîtes de haricots”, qui deviennent alors partie intégrante de la couverture. Lauri raconte : “Notre groupe de cartoneros, Casamanita, se réunit tous les week-ends. Nous sommes cinq filles et chacune a sa spécialité : il y a celles qui mettent en page, celles qui peignent. Moi, je suis douée pour relier, pas pour découper !”

Collection de livres en carton de Yaxkin Melchy

Ce mode de publication est apparu en Argentine, à l’époque où la crise rendait l’édition encore plus difficile que d’ordinaire. D’abord confidentiel, le phénomène s’est développé dans toute l’Amérique latine, devenant une composante essentielle de la création ici, et faisant école jusqu’en Europe (par exemple, PapperLaPapp à Berlin). A tel point que la Foire du Livre de Guadalajara octroie désormais des stands à des cartoneros, au même titre qu’à des éditeurs traditionnels. L’université du Wisconsin a même organisé en 2009 une rencontre internationale de trois jours sur ce thème. Santa Muerte CartoneraC’est d’ailleurs là-bas, dans la bibliothèque universitaire, que se trouve la plus grande collection de livres en carton du monde ! “Comme nous travaillons chez nous, à notre rythme, nous ne dépassons jamais la soixantaine d’exemplaires”, explique Yaxkin. “On les vend entre 60 et 80 pesos [4 ou 5 euros], mais la plupart du temps, comme les autres cartoneros sont autant collectionneurs que moi, on se les échange, et on ne gagne que peu d’argent avec”.

Les livres fabriqués par Yaxkin et ses amis sont estampillés “Santa Muerte” (Sainte Morte), en référence au culte voué au Mexique par les voleurs, les prostituées, les SDF, à cette étrange Dame Squelette que l’on croise parfois au détour d’une rue. Ce qui peut apparaître comme une provocation à nos yeux d’Européens s’avère surtout un moyen de souligner une identité régionale. Lauri et ses amies, quant à elles, ont choisi le symbole du champignon, pour prôner un processus créatif qui n’a pas besoin de grand-chose pour se développer.

Malgré leur passion pour les livres en carton, ni l’un ni l’autre n’en emporterait un sur son île déserte — trop minces et trop fragiles, probablement. Santa Muerte a Mexico CitySi Lauri choisirait un roman argentin contemporain qui raconte une histoire d’amour tourmentée (Sobre heroes y tumbas de Ernesto Sabato), Yaxkin quant à lui emporterait de la poésie chilienne, La Vida Nueva de Raul Zurita, un ouvrage qui reproduit une expérience fascinante réalisée par l’auteur dans les années 1990 : tracer des poèmes en nuages dans le ciel de New York. Comme quoi, on n’a pas encore fini d’inventer des manières d’écrire…

Desierta chez Casamanita

Une bibliographie au sujet des cartoneros a été mise en place par l’université du Wisconsin : cliquer ici.

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March 11th, 2010 at 21:00 by Magali Tardivel-Lacombe

Panama, rock et science-fiction : compléments d’information

C.D. Moulton m’écrit à l’instant ceci :

“Beaucoup aimé l’article. Il est très précis, sauf que c’était un gars nommé LeFevre qui avait acheté la Porsche et Janis (qu’on surnommait Pearl) a fait le commentaire ‘Oh, Lord, won’t you…‘. Elle en a écrit la majeure partie. Le pote d’AC/DC vit sur une île proche en Floride, mais la plupart de ces gens viennent ici de temps en temps”.

A bientôt pour de nouvelles rencontres au Guatemala et au Mexique !

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March 9th, 2010 at 05:39 by Magali Tardivel-Lacombe

Panama, rock et science-fiction

Rencontre avec un “gringo loco”, Almirante (Panama)

D’instinct, si on a la lubie d’y penser, on se dit qu’il n’y a aucun rapport entre le rock des années 1970, la littérature de science-fiction et Panama, Il nous fallait faire une rencontre loufoque pour d{ecouvrir avec délices que tout est possible, même cette combinaison.

Après quelques jours dans la chaleur étouffante de la capitale, à qui les belles façades souvent en ruines confèrent un charme étonnant, nous avons envie de baignades et snorkelling. Alors nous nous mettons en route pour les îles de Bocas del Toro. Le trajet depuis Panama City est long, et il fait déjà nuit quand nous arrivons à Almirante, d’où nous prendrons un bateau-taxi le lendemain. Le chauffeur du bus nous dépose devant un hôtel qui porte l’étrange enseigne “Dos Gringos locos” (Deux Amerloques fous).

Dos gringos locos

Un homme, passablement éméché, nous alpague depuis l’entrée : “Vous cherchez une chambre ? Ici, c’est pas cher, mais c’est pas chic. Si vous voulez une clim, allez voir plus loin !” On entre quand même, le fêtard sur les talons. Il se présente : Kevin, Américain, gringo loco. J’ai du mal à comprendre son quasi monologue dans un anglais chewing-gum, mais son enthousiasme désordonné est contagieux. La chambre est tout aussi correcte que le tarif, alors pour une seule nuit, on reste. Kevin cherche, avec beaucoup de bonne volonté, à border des draps une place par-dessus un lit double déjà fait, puis passe un tuyau d’arrosage par la fenêtre de la salle de bains pour que nous puissions nous doucher. Nous finissons par être installés.

C.D. MoultonPlus tard, nous faisons connaissance avec C.D., Américain, gringo loco numéro deux. Très digne avec sa barbe blanche et, pour seul vêtement, un mini-short en jean, il nous réchauffe un reste de spaghettis en s’excusant du manque de finitions de son hôtel : “Cela fait trois ans qu’on essaie de réaliser ce rêve, mais ça tourne un peu au cauchemar. Les gens d’ici sont adorables, mais on ne peut pas leur faire confiance”. Kevin, qui a entre-temps tété une ou deux bouteilles de bière supplémentaires, l’interrompt en riant : “Ne l’écoutez pas, il ne raconte que des histoires ! La preuve, c’est un mec qui écrit !” C.D. concède qu’il passe ses nuits à écrire. “Mais je suis insomniaque, il fallait bien que je trouve une occupation !” se défend-il. Nous qui, en revanche, avons grand besoin de dormir, finissons par aller nous coucher.

La discussion reprend le lendemain. “Alors vous êtes écrivain ?”, je lui demande au petit matin. “Oui, oh, seulement depuis 25 ans. J’ai commencé en 1984″. C’est drôle, c’est mon année de naissance. Je n’avais pas réalisé que C.D. Moulton était un fringant vieillard de 71 ans. Entretien avec C.D. MoultonComme par un fait exprès, en cette année 1984, il a choisi d’écrire de la science-fiction, en hommage involontaire à George Orwell. “J’ai d’abord écrit 19 romans, avant de commencer à être publié. Maintenant, j’en ai 93 à mon actif, tous disponibles en print on demand (POD) sur www.lulu.com/maitaman“. Histoires de fantômes (The von Artle Legacy), romans policiers (Time will tell happy new year), enquêtes menées par un robot détective (Heiku), écriture expérimentale (Kari), science-fiction marquée par la lutte du bien contre le mal (After the old god), séries de polars avec les personnages de C.D. Grimes ou Nick Storie… C.D. Moulton écrit comme d’autres respirent : presque sans s’arrêter. “J’ai la chance de savoir taper vite à l’ordinateur. 120 mots minute, et seulement avec deux doigts ! Bon, après, je dois me relire plusieurs fois, parce que je fais beaucoup de fautes”. Quand je l’interroge sur son lectorat, il répond modestement : Je reçois des droits d’auteur tous les mois, alors j’en déduis que j’ai des lecteurs fidèles”.

Orchids from seedA l’image de ce gringo loco, son meilleur succès est un peu fou : il s’agit d’un ouvrage pratique sur la culture des orchidées à partir de leurs graines microscopiques (Orchids from seed). “J’ai voulu rendre ces techniques accessibles à tous, parce que si on s’y prend bien, on peut vraiment faire pousser ces fleurs magnifiques dans une simple cuisine”. Sa passion pour cette plante l’a même conduit à créer une nouvelle espèce, la Helen Moulton, du nom de sa mère, qui a vécu “seulement jusqu’à l’âge de 102 ans”. “Vous voyez, j’ai toujours été un hippie intéressé par la science”. D’ailleurs, le livre qu’il emporterait sur une île déserte est encore de la science-fiction : Phoenix Tales de Gregory Banks (Wheelman Press), un modèle du genre selon lui.

“Et avant d’être écrivain ?” C.D. a un sourire lumineux. “J’ai joué de la guitare pour Deep Purple avant qu’ils soient connus, et aussi pour Janis Joplin”. D’ailleurs, il n’est pas le seul ancien rockeur dans le coin : son ami John Wash, du groupe Eagles, n’est pas loin, et le guitariste d’ACDC vit sur une île voisine. “Vous savez, la chanson ‘Oh Lord, won’t you buy me…‘, vous connaissez ? On l’a écrite en 20 minutes, moi et deux autres musiciens, le jour où Janis s’est acheté une Porsche. Elle en faisait tellement tout un plat qu’on a voulu la taquiner, s’amuser un peu. C’était vraiment une époque où on pouvait vivre sans être sérieux. D’ailleurs, la seule chose sérieuse que j’aie faite, à savoir passer un diplôme d’université, ne m’a jamais servi à rien !”

Alors, qu’est-ce que je vous disais ? Panama, rock et science-fiction !

C.D. Moulton en lecture

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