Thème - Festival

June 24th, 2010 at 12:08 by Magali Tardivel-Lacombe

La plume est plus forte que l’épée

Rencontre avec Janet De Neefe, directrice du Festival d’écrivains et de lecteurs d’Ubud, Bali (Indonésie)

Janet De NeefeJanet De Neefe aime à parler en roulant des yeux, comme elle a vu une danseuse balinaise le faire lors de son premier séjour sur l’île, dans les années 1960. “J’ai toujours rêvé d’être une danseuse balinaise”, écrit-elle dans son autobiographie culinaire Fragrant Rice (”Riz parfumé”). Ni à l’oral, ni à l’écrit, elle ne résiste à la tentation de raconter son histoire comme un conte de fées. Née à Melbourne, elle a découvert Bali à l’âge de 15 ans, lors de vacances avec sa famille. Lorsqu’elle y est retournée, une dizaine d’années plus tard, elle y a retrouvé les parfums d’encens, les goûts d’épices, les couleurs de fleurs, qui l’avaient tant éblouie et, dans des circonstances qu’elle entoure du flou duveteux de la romance, a rencontré Ketut, son prince charmant balinais. Croyez-le ou non, mais ils se marièrent bel et bien et eurent beaucoup d’enfants — quatre, en l’occurrence. Et Janet, définitivement installée dans la petite ville d’Ubud, a ouvert un hôtel et deux restaurants, animant même des cours de cuisine balinaise pour les touristes, toujours plus nombreux à priser l’île hinduiste.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, car les livres de contes ne s’attardent pas sur la manière dont vivent les gens heureux. Statue protectrice dans un hotel tenu par Janet De NeefeMais en 2002, l’endroit tant de fois décrit comme un paradis terrestre fut frappé par une violence furieuse : un attentat à la bombe détruisit toute une rue de Kuta, le village balnéaire proche de l’aéroport de Denpasar. Préciser qu’il fut aveugle et meurtrier serait un pléonasme. Janet De Neefe, comme toutes les personnes attachées à Bali et dépendantes de l’industrie touristique qui y est florissante, a vécu avec chagrin et inquiétude la période qui a suivi. En 2004, appuyée par des amis et les relations de son mari, qu’elle décrit comme une personne impliquée et respectée dans la communauté locale, Janet a coordonné le premier festival littéraire d’Ubud. “Avec mon hôtel et mes restaurants, j’avais l’habitude d’organiser des événements et d’accueillir du monde”, explique-t-elle. Elle espère la venue, en octobre prochain, du Coréen Chang-Rae Lee (Les Sombres feux du passé, 2001), de l’Indonésien Andrea Hirata (Les Troupes de l’arc-en-ciel, 2005), d’Alain Mabanckou (Mémoires de porc-épic, 2006), ou encore d’Abdourahman Waberi (Rift routes rails, 2001). “Peu importe d’où ils viennent, les écrivains abordent les mêmes questions et parlent de l’humain”, souligne Janet qui, sans le savoir, fait écho aux paroles de Sandra Thibodeaux, directrice du Centre des écrivains du Territoire du Nord à Darwin, de l’autre côté de la mer. Cette année, le festival accueillera 30 auteurs indonésiens et 60 autres venus du monde entier. Le soutien financier de la Citibank, d’entreprises locales et de diverses ambassades, a permis à l’initiative de prendre de l’ampleur.

Aux critiques qui lui reprochent, du fait de ses origines, d’organiser un festival australien en terre balinaise, Janet De Neefe rappelle que l’équipe qui travaille toute l’année à l’organisation est composée de cinq Indonésiens et trois Occidentaux, que 200 bénévoles locaux apportent leur aide pendant le festival, et que six jours d’activités gratuites sont offerts aux enfants d’Ubud et des environs, grâce au financement de la fondation Mudra Swari Saraswati. Liseur de manga a UbudPar ailleurs, le prix d’entrée au festival, de 100.000 roupies (environ 10 euros) pour les Indonésiens, correspond à celui d’un ticket de match de football ou d’un bon repas au restaurant. Cela dit, même si ce tarif s’avère 8 fois moindre que celui pratiqué pour les étrangers, qui doivent débourser 850.000 roupies pour un jour (environ 70 euros), il n’inclut ni les ateliers d’écriture, tarifés à part, ni les événements spéciaux (repas littéraires, lectures d’écrivains connus…) pour lesquels les Indonésiens ne bénéficient pas d’une tarification préférentielle. De même, les soirées littéraires qu’elle a mises sur pied en avril dernier dans son restaurant Casa Luna ne semblent pas vraiment s’adresser aux locaux : les deux premières ont été consacrées (en anglais) à Hemingway puis Rimbaud et ont attiré une bonne vingtaine de personnes… presque uniquement des touristes ou des expatriés.

Mais Janet évolue avec aisance dans ce microcosme privilégié et veille à en faire profiter les auteurs invités au festival en les installant dans les plus beaux hôtels d’Ubud. Pleine d’assurance, elle a en projet de mettre sur pied un autre festival, exclusivement consacré aux auteurs indonésiens, afin d’encourager les gens d’ici à écrire et, par la suite, de les promouvoir à l’étranger. Elle rêve aussi d’un festival de cuisine, sa passion première.

Ambiance dans un restaurant tenu par Janet De Neefe

Depuis l’attentat de Kuta, l’eau de la rivière Ayung a coulé sous les ponts d’Ubud. Les touristes ont repris confiance et font honneur au festival littéraire. Quant aux locaux, beaucoup profitent au moins des retombées économiques d’un tel événement. Janet De Neefe, qui voulait répondre à la violence des attentats de 2002 par de l’espoir et du dialogue, peut donc estimer sa mission accomplie. Une manière d’exprimer de l’amour face à un choléra moderne, pour elle dont le chef-d’oeuvre de Marquez serait son livre pour l’île déserte.

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June 19th, 2010 at 14:53 by Magali Tardivel-Lacombe

Bienvenue en Austronésie !

Rencontre avec Sandra Thibodeaux,

directrice du Writers’ Center NT (Centre des écrivains du Territoire du Nord) à Darwin, Australie

Par sa position géographique, Darwin signifie que notre séjour en Australie touche à sa fin. Déjà, la chaleur humide, étouffante, éveille dans nos rêveries des images d’Asie. A vol d’oiseau, Singapour est désormais plus proche que Sydney ! Pour autant, on ressent la pesanteur des frontières politiques, linguistiques et culturelles qui ancrent solidement les hommes sur le sol de leur nation. Sandra Thibodeaux au Writers' Center NTLa poète Sandra Thibodeaux, qui dirige le Centre des écrivains du Territoire du Nord à Darwin, se déclare frappée par l’ignorance des Australiens en matière de littérature asiatique. Le colosse anglophone ne concède aux autres langues qu’un espace mineur, presque caché à la vue du grand public. Solution de facilité, que le Centre des écrivains s’est décidé à contrecarrer.

Depuis le début des années 2000, le festival WordStorm (”Tempête de mots”) fait souffler sur Darwin des brises venues du Timor, de Thaïlande, de Malaisie, de Singapour et, surtout, d’Indonésie. Ce voisin, qui s’émiette du gâteau asiatique en mille et une îles (flottantes ?), rassemble sous le même drapeau Papous, Javanais, Balinais et bien d’autres –nous le découvrirons à notre prochaine escale. En avant-goût de ce dessert géographique, Sandra Thibodeaux nous présente Terra, publié en 2007 par le Centre des écrivains et rassemblant dans un épais volume les poèmes et nouvelles de 45 auteurs “austronésiens” venus au festival WordStorm depuis 2004. Page de gauche en anglais, page de droite en indonésien, agencement thématique des textes, qui parlent d’orages et d’éclaircies, d’écriture et de voyages, de guerre et d’amour, de réel et d’imaginaire : cette anthologie est une première. “J’espère qu’elle contribuera à approfondir notre compréhension de la terre, de la terreur et de la terrible beauté des pays et des gens de cette partie du monde”, écrit Sandra dans la préface. Des 1000 exemplaires imprimés, 500 ont été vendus en Indonésie.

Festival WordStorm 2010

Mais restons sur l’île-continent. Des frontières y existent aussi, alourdies d’Histoire et de préjugés : je pense aux populations aborigènes. Le Centre des écrivains de Darwin s’efforce à la fois de sortir les auteurs aborigènes de leur isolement, et de porter leur travail à la connaissance du public. Epineux, car la culture écrite est récente chez ces populations et, malgré la lente extinction de quelques 200 langues locales, 200 autres existent toujours, dont 70 dans le Territoire du Nord. Travailler avec ces auteurs et les publier requiert les qualités d’un titan pointilleux qui saurait jongler entre d’une part le désir des écrivains de conserver leur langue maternelle pour mieux la modeler et, d’autre part, leur volonté d’être lus par un public plus large, donc anglophone. Pour une anthologie comme This country anytime anywhere (2010), les six langues utilisées par 24 écrivains des régions de Darwin, de Barkly et du Centre, ont été mises en miroir avec leur traduction anglaise.

Marque-pages des ouvrages du Writers' Center NTEt il n’y a pas que les écrivains aux ouvrages officialisés par le sacro-saint ISBN. Il y a aussi les “écrivants”, pour qui l’écriture reste une activité de loisir. Dans la seule ville de Darwin, 14 ateliers d’écriture ont été organisés en 2009, dont “Meet the Publisher” (Rencontrer l’éditeur), un séminaire spécifiquement pensé pour les personnes désireuses de publier pour la première fois. Il y a enfin des écrivains qui s’ignorent, souvent du fait de leur jeune âge. “Comme partout ailleurs, remarque Sandra, rares sont les personnes qui, avant 25 ans, montrent de l’intérêt pour l’écriture. En rencontrant des écrivains directement dans les écoles, les enfants et les jeunes s’ouvrent aux jeux avec les mots, au plaisir de raconter, voire à la passion de la littérature”. Plus ambitieux encore, un projet organisé sur trois années, “See my World” (Vois mon monde), organise des ateliers d’écriture dans les communautés aborigènes situées dans des zones reculées. Cette année, 108 jeunes âgés de 14 à 25 ans y ont participé.

Pour la mise en place de ces nombreuses activités, ainsi que la rémunération de 7 employés (dont seulement 2 à temps plein), le Centre des écrivains reçoit ses principaux financements de la Fondation Fred Hollows, du Territoire du Nord et de l’Etat australien, sachant que le total de 600.000 $AU pour 2009 a été atteint en ajoutant, entre autres, les entrées au festival, les cotisations des membres et les intérêts des sommes placées à la banque.

Effervescence des lectures, débats et soirées slam, ambiance studieuse des ateliers d’écriture, tête-à-tête avec les écrivains membres, silence de la rédaction de la lettre d’information White Turn… Le Centre des écrivains du Territoire du Nord, de même que ceux mis en place par les autres Etats fédérés australiens, sème donc son travail sur tous les terrains, quelle qu’en soit la géologie, le but étant d’enraciner les jeunes écrivants dans leur talent, de stimuler l’épanouissement des auteurs établis, de cultiver la richesse des diverses langues et cultures qui poussent sur le même sol.

Sandra ThibodeauxAnecdote amusante : alors qu’elle dirige le Writers’ Center NT depuis 16 ans, Sandra ne choisirait pas son livre pour l’île déserte parmi les oeuvres des écrivains qu’elle côtoie. Elle cite spontanément Le conte de deux cités, un grand classique de Charles Dickens ! Pourtant, elle exprime beaucoup d’admiration pour les auteurs de sa région, comme Marie Munkara, récompensée par le prix “NT Book of the Year 2010″ pour son roman Every Secret Thing. Mais quand on sait que Dickens parle de Paris et Londres en 1793, tandis que Munkara plante son roman chez les Aborigènes au XXe siècle, voyez-vous où est l’évasion et le dépaysement pour Sandra ?

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April 8th, 2010 at 06:28 by Magali Tardivel-Lacombe

L’homme-orchestre

Rencontre avec Guillermo Quijas, éditeur et libraire à Oaxaca (Mexique)

L’histoire de Guillermo Quijas commence avec celle de son grand-père, qui a fondé à Oaxaca la librairie Proveedora Escolar dans les années 1940 et Guillermo Quijas devant le portrait de son grand-perequi éditait des ouvrages sur la région (géographie, histoire, sociologie), imprimés à des tirages quasi confidentiels de 200 exemplaires, hormis Leyendas y cuentos de Oaxaca (Contes et légendes de Oaxaca), qui connaît encore un certain succès. Lorsque Guillermo s’est intéressé à tout cela, il s’est mis à travailler aux côtés de son grand-père. Au bout d’un an à peine, à la mort de ce dernier, il a repris la librairie-papeterie de trois étages, qui compte aujourd’hui trois succursales et emploie 350 personnes.

Gérer une telle librairie, ce n’est déjà pas si mal, direz-vous. Oui, mais Guillermo le curieux a décidé, en 2005, de fonder les éditions Almadia, afin de perpétuer le travail éditorial de son grand-père, dans une perspective plus littéraire et professionnelle. Les contacts de son ami et collaborateur Leonardo da Jandra, écrivain et auparavant éditeur chez Joaquin Mortiz, maison aujourd’hui détenue par le groupe Planeta, ont apporté un appui précieux dans les premiers temps. Et puis l’auteur a accepté de publier un de ses romans chez Almadia, à côté du premier recueil de poésies et du premier essai.

Librairie Proveedora Escolar de Oaxaca

Ce coup d’envoi, suivi par la publication d’auteurs déjà reconnus au Mexique, comme Guillermo Fadanelli, ne satisfaisait pas complètement Guillermo, qui a vite voulu opérer un changement radical, en espérant par là-même améliorer la promotion et la distribution. C’est ainsi qu’il a contacté Alejandro Magallanes, un graphiste de Oaxaca, qui a inventé pour Almadia un nouveau design avec des couleurs bien tranchées, des jaquettes découpées comme des pochoirs, des marque-page détachables. Livres decoupes d'AlmadiaEt la série des grands noms a continué : Sergio Pitol (Prix Cervantès 2005), Juan Villoro (20 000 exemplaires vendus en deux ans de Los Culpables, qui a par ailleurs reçu le Prix Artaud, co-fondé par le Marseillais Jacques Aubergy), Le Clézio en grands formats illustrés… Sans oublier la collection de poésie Pleamar, les livres pour enfants dont l’audacieux récit de voyage en vers Diario de un niño en el mundo, les anthologies d’auteurs français, lusophones ou encore de jeunes écrivains mexicains (Grandes hits, sous la direction de Tryno Maldonado), et la petite et exigeante collection de philosophie de l’image “Seria VE”. Même s’il reçoit désormais une cinquantaine de manuscrits par jour, et même s’il achète et vend des droits dans de nombreux pays, aidé en cela par les contacts noués à la Foire du Livre de Francfort sous toutes ses formes (foire, Invitation Programme, Fellowship Programme), Serie VEGuillermo tient à conserver un rythme de publication de 18 titres par an, afin de garder un contact étroit avec les auteurs.

S’occuper à la fois d’une librairie et d’une maison d’édition, c’est un beau tour de force, remarquerez-vous de nouveau. Certes, mais Guillermo le touche-à-tout ne s’en contente pas. Il a également fondé la revue trimestrielle Numero Zero, qui offre un espace à des novellistes, des poètes, des chorniqueurs, sur des thèmes aussi variés que les monstres, les imposteurs, ou l’aventure.

Bon, bon, arrêtons-nous là, protesterez-vous, les journées n’ont après tout que 24 heures ! Bien entendu, mais Guillermo l’infatigable a également repris la Foire du livre de Oaxaca, fondée par son grand-père dans les années 1980, en lui donnant presque naturellement une dimension internationale et festive qui dépasse de loin la modeste exposition-vente des débuts.

Interieur de la librairie Proveedora Escolar

Mais alors, mais alors, bégaierez-vous, comment fait-il, ce businessman aux multiples casquettes ? C’est finalement bien simple, aurai-je envie de répondre. De la même simplicité qui émane des geste d’un chef d’orchestre face à cent musiciens. La revue ? Elle déniche de nouveaux auteurs. La maison d’édition ? Elle valorise les auteurs publiés par la revue. La foire du livre ? Elle reprend les thèmes de la revue et permet une large présentation des auteurs publiés par la maison d’édition. La librairie ? Elle co-finance la foire du livre (aux côtés de l’organisme étatique Conaculta, de la fondation Harp et d’une soixantaine de petits entrepreneurs locaux), vend les livres de la maison d’édition et s’insère dans un réseau de librairies mexicaines qui augmente encore la distribution des ouvrages.

Voilà donc comment Guillermo l’homme-orchestre réussit à tout mener de front. Pas étonnant que son livre pour une île déserte soit la biographie de Pancho Villa, écrite en 1940 par Martin Luis Guzman : encore l’histoire d’un homme d’action !

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September 3rd, 2009 at 18:59 by Magali Tardivel-Lacombe

Des nouvelles de Forcalquier

Festival littéraire “Rentrée nouvelles” (Forcalquier, France)

Le vieux village de Forcalquier, perché sur les contreforts du Luberon, est dominé par une citadelle. Du haut de ce point culminant, les quinze cloches du carillon tintinnabulent tous les dimanches à 11h30, perpétuant la méthode de jeu traditionnel dite « à coup de poing ». Par la malice du hasard, je suis arrivée dans la ville un dimanche à 11h30, pile à l’heure pour entendre la claire mélodie du carillon.

Forcalquier's churchA vrai dire, j’y étais surtout venue pour la deuxième édition de Rentrées nouvelles. A la suite du festival de Saint-Quentin, une douzaine d’éditeurs indépendants et la libraire forcalquiérenne La Carline se sont réunis du 21 au 24 août pour mettre à l’honneur la nouvelle. Le festival a la taille agréable des textes qu’il prône : quelques stands à l’ombre de la Place du Palais, et chaque jour, seulement deux lectures en terrasse d’un café, et un débat.

J’ai aimé prendre le temps de bavarder avec Hélène Delmas qui, tout en reprenant le fonds des éditions HB, édite de nouveauxRentrée Nouvelles at Forcalquier ouvrages dans la toute jeune maison du Mot Fou. Feuilleter la revue Brèves, publiée depuis 1975 par L’Atelier du gué et qui proclame sur son blog « Pas de roman, bonne nouvelle ». Découvrir les éditions L’Iroli, dont le « concours de la micronouvelle » impose que les textes ne dépassent pas 575 mots : 5, 7, 5, comme le rythme épuré du haïku. Lire la documentation du stand d’Editer en Haute-Provence

L’idée du festival est d’attirer les regards sur un genre qui reste mal-aimé des lecteurs et des éditeurs français. Certes, les recueils de Philippe Delerm et d’Anna Gavalda, totalisent chacun près d’un million d’exemplaires vendus, faisant d’ailleurs de La Première Gorgée de bière la meilleure vente de la collection L’Arpenteur chez Gallimard. Mais ils ressemblent aux exceptions qui confirment la règle. Même le monde anglo-saxon, qui fait traditionnellement la part belle à la nouvelle, semble lire de moins en moins de « short stories ». Paradoxe, à une époque où tout et tout le monde veut aller vite ?

Pour ma part, je reprendrais volontiers les mots de l’un des organisateurs du festival : « La valeur n’attend pas le nombre des pages »…

Hubert Grall reading

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