Thème - Arts

October 13th, 2010 at 11:49 by Magali Tardivel-Lacombe

Quand j’étais petit…

Des nouvelles du lycée Ampère, Marseille (France)

Tandis que nous nous apprêtions à quitter la Thaïlande pour faire nos premiers pas dans la stupéfiante Calcutta (Inde), les élèves d‘Elise Gantaume, quant à eux, partaient pour le Festival d’Avignon, en compagnie d’élèves des lycées Zola et Célony (Aix-en-Provence). Atelier sous les platanesIl s’agissait, du 9 au 12 juillet, de les initier à un théâtre qu’Elise décrit comme “plutôt très contemporain”. La jeune femme raconte : “Hébergés en internat, les élèves avaient la permission de 2h du matin et pouvaient aller voir des spectacles du Off. Nous étions encadrés par les CEMEA, les Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active”.

Inscrit dans le cadre du programme “Lycéens au Festival d’Avignon“, ce projet a commencé par divers ateliers, notamment d’écriture, destinés à préparer les élèves, âgés de 15 à 18 ans, aux différents spectacles auxquels ils allaient assister.

Avant de voir le spectacle de Massimo Furlan, intitulé 1973, les jeunes ont par exemple écrit trois phrases : passé, présent, futur. En voici quelques-unes, comme un cadeau d’absurde poétique et drôle…

Decor a Avignon
Quand j’étais petite je croyais que les monstres existaient.

Maintenant je constate qu’ils existent vraiment et qu’ils sont humains.

Peut-être que plus tard ils n’existeront plus.

Quand j’étais petit je croyais que la vie n’était qu’un rêve.

Maintenant je constate qu’en réalité celle-ci est semée d’embûches.

Peut-être que plus tard ces mêmes embûches redeviendront un rêve.

Quand j’étais petit je croyais que tout le monde était gentil.

Maintenant je constate que je ne suis plus petit.

Peut-être que plus tard je mangerai des escargots.

Quand j’étais petite, je pensais qu’un cerisier me pousserait dans l’estomac si j’avalais les noyaux des cerises.

Maintenant je constate que ma mère me racontait n’importe quoi.

Peut-être que plus tard, lorsque les cerises transgéniques seront sur le marché, avaler leur noyau fera pousser un cerisier dans notre estomac – ça fait peur !

Quand j’étais petit je croyais que la vie était simple.

Maintenant je constate que je m’étais trompé.

Peut-être que mes enfants me donneront raison.

Lire plus de textes, voir plus de photos…

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June 14th, 2010 at 13:33 by Magali Tardivel-Lacombe

Vivre d’amour et de peinture fraîche

Rencontre avec Cindy Watson et Lauretta Ridgers

à la librairie-galerie Readback de Darwin, Australie

Devanture de ReadbackQuand nous atteignons Darwin, le “top end” du Territoire du Nord australien, nous avons parcouru plus de 7000 kilomètres de routes depuis Sydney. Il semble loin, l’opéra au bord de l’eau, et loin les Blue Mountains qui veillent sur Blackheath ! Depuis, nous avons randonné dans divers parcs naturels, découvert le vert désert après la pluie (avec son noir revers : l’éclosion de milliers de mouches), marché avec émotion autour d’Ayers Rock ruisselant d’eau…

Au gré de nos lentes déambulations dans Darwin (il fait vraiment trop chaud pour courir), nous découvrons la bouquinerie et galerie d’art Readback, située dans l’unique rue piétonne de la ville. Cindy Watson est en train de ranger des toiles, mais nous raconte volontiers l’histoire du lieu, un ancien cinéma que Lauretta Ridgers a aménagé en bouquinerie en 1998. C’est la seule librairie d’occasion de la ville, qui draine une clientèle locale et internationale. Cindy Waston et Lauretta Ridgers“Les gens cherchent parfois des raretés épuisées chez l’éditeur et, souvent, des livres sur l’histoire de la région, longtemps restée terre d’explorateurs”. En effet, la ville de Darwin ne s’est véritablement développée qu’après la Seconde Guerre mondiale. Réduite en monceaux de gravats par les bombardements japonais, elle s’est reconstruite autour des infrastructures militaires, notamment le réseau routier, pour devenir la ville la plus importante de la région. Ainsi, toute l’histoire antérieure du Northern Territory est marquée par les expéditions de scientifiques comme le géologue et photographe Herbert Basedow, ou les aventures, peut-être un peu romancées, de chasseurs de crocodiles comme Tom Cole.

“La moitié de notre clientèle est donc composée d’étrangers de passage, qui cherchent à en savoir plus sur ces aventures. Beaucoup laissent aussi les livres qu’ils ont finis et qu’ils ne veulent pas rapporter dans leur valise. Le prix de rachat dépend autant de l’état de l’ouvrage que de l’intérêt qu’il représente pour la librairie. Ensuite, un double prix est affiché, par exemple 10$ / 4$. Vous payez le prix numéro 1 quand vous achetez un livre, et nous vous remboursons le prix numéro 2 si vous nous rapportez l’ouvrage”.

Classés par thèmes, les rayonnages sont bien fournis et présentent une honorable section en langues étrangères, essentiellement français, allemand et danois. Librairie Galerie Readback a DarwinLe résultat ressemble un peu à une mosaïque mal ajustée, mais n’exagérons rien : cela a le mérite d’exister, dans une région où les échanges de livres proposés par les hôtels “backpackers” s’avèrent assez pauvres. De même, la bibliothèque municipale d’Alice Springs, au centre de l’Australie, a certes eu la bonne idée d’installer dans son hall d’entrée un présentoir de livres usagés destinés à l’échange, mais les romans de gare et/ou à l’eau de rose que l’on peut y trouver n’offrent pas la même richesse que les rayonnages débordants de Readback à Darwin.

Fait suffisamment rare pour être mentionné, les deux libraires n’utilisent pas de système informatique. Il faut dire que les coupures d’électricité sont fréquentes ici : “La dernière a duré 18 heures, il y avait une drôle d’ambiance dans les rues… Les climatisations étaient en panne, les machines à café aussi ! Personne ne pouvait travailler, puisque les ordinateurs ne s’allumaient pas. Que font les gens dans une telle situation ? Ils se promènent, ils bavardent… et ils lisent !”

Entretien avec Cindy Waston

Assez vite après la création de la librairie, Lauretta Ridgers et Cindy Watson se sont rendues compte que la seule vente de livres ne leur permettrait pas de subsister à Darwin, étant donné que la location de la boutique leur coûte la somme folle de 2000 $AU par semaine. Elles ont alors eu l’idée de monter une galerie d’art aborigène dans les mêmes locaux que la librairie. Pour elles, il s’agit certes d’une nouvelle activité plus lucrative –car l’art aborigène a la cote, notamment auprès des touristes–, mais aussi d’un moyen de promouvoir des artistes qui, auparavant, peignaient et sculptaient loin de tout, dans leur village, souvent situé dans les territoires aborigènes auxquels les Blancs ne peuvent accéder qu’après avoir obtenu un permis spécial. En offrant aux peintres un espace de travail et tout le matériel dont ils ont besoin, Lauretta et Cindy donnent aux visiteurs la chance de les voir composer leurs oeuvres sur place, soit à l’étage de la galerie, soit dehors, à même le trottoir.

Lanita NuminaLe jour de notre visite, Lanita Numina, née dans le désert de Stirling Station, est en train de commencer une nouvelle toile, qui lui a été commandée : des dizaines de pieds blancs apparaissent doucement sur le fond encore noir. “Ce sont des femmes qui vont cueillir des fleurs du désert”, explique l’artiste, aînée de six soeurs peintres, qui travaillent toutes pour Readback. Selon Lauretta Ridgers, seule cette manière de travailler permet de connaître et de comprendre l’art aborigène, bien mieux que dans les livres sur le sujet, “tous écrits par des Blancs”.

Depuis 5 semaines que nous voyageons en Australie, c’est la première fois que nous voyons des Aborigènes et des Blancs travailler ensemble. Toutefois, cette belle image est encore un peu ternie par les difficultés de communication entre les artistes et les galeristes : l’anglais reste la langue utilisée, alors que les Aborigènes la maîtrisent encore mal. Vous verrez dans un prochain article qu’en matière d’édition, le travail avec les populations aborigènes n’en est lui aussi qu’à ses débuts…

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November 26th, 2009 at 01:57 by Magali Tardivel-Lacombe

C’est une autre musique !

Quelques jours avec la famille Ahumada, musiciens à Córdoba (Argentine)

Arrivés au petit matin à Córdoba, après dix heures de bus, nous sommes heureux de faire la connaissance de César et Monica, qui nous hébergent. Un vrai bonheur de se sentir “comme à la maison”, à la différence près qu’au petit déjeuner, Monica Ahumadaen plus des classiques thé et tartines, on peut boire du maté et manger de la pâte de patate douce. Quand nous proposons de débarrasser la table, Monica nous dit de tout laisser, car deux de ses amies vont venir.

Ce n’est que plus tard, en émergeant d’une sieste matinale qui nous a remis de notre nuit de bus, que nous réalisons que les deux amies en question sont musiciennes. Les yeux encore papillonnants et les oreilles toutes cotoneuses, nous nous réveillons peu à peu en entendant la voix claire et forte de Monica, qui chante des airs folkloriques, accompagnée à la guitare et aux percussions. A Córdoba, elle dirige trois choeurs, et pour son plaisir, joue de plusieurs instruments. Le soir, elle nous fait une démonstration de quéna, puis César nous joue El Condor Pasa à la flûte.

César, qui pense que tout être humain doit, pour se sentir bien, exercer un art, un sport et une activité intellectuelle, a fait du cor d’harmonie son métier ; pour le sport, il pratique la gymnastique, et son activité intellectuelle, c’est l’apprentissage simultané du français, de l’allemand, de l’italien et de l’anglais !

César AhumadaLe lendemain, quand il nous emmène visiter l’église Santa Catalina, perdue dans la campagne, il ne résiste pas à l’envie de tester l’accoustique de cet édifice jésuite. Alors il sort son instrument de son étrange étui, et joue, lentement, pour laisser aux notes le temps de résonner entre les murs ornés de peintures de l’école de Cuzco.

Nous avons la chance qu’il puisse nous consacrer tant de temps, non seulement pour les lieux qu’il nous fait découvrir, mais aussi pour toutes les explications historiques et linguistiques qu’il se fait un plaisir de nous donner.

Pendant le déjeuner, je profite de ses talents pédagogiques pour lui demander comment il se procure ses partitions. “En Argentine, ce n’est pas facile. La seule librairie spécialisée se trouve à Buenos Aires, c’est Ricordi. Avant, il y avait aussi Clef, mais cela fait cinq ans qu’elle a fermé. Sinon, El Ateneo a aussi un rayon de partitions. Mais à vrai dire, j’ai vécu douze ans à Buenos Aires, alors moins j’y vais, mieux je me porte”. Stupéfaite, j’apprends alors qu’il demande à Mauricio, son cadet trompettiste parti vivre à Paris, de lui acheter ses partitions dans les boutiques de la fameuse rue de Rome, dans le 8e arrondissement. “C’est le plus simple, parce que si j’achète sur Internet, j’ai en moyenne 300 pesos [55 euros environ] de frais de douane ! Non seulement c’est hors de prix, mais en plus c’est absurde, car les frais de douane sont censés protéger une production locale. Or, en matière de partitions, il n’existe aucune maison d’édition argentine !”

Iglesia Santa Catalina

Le cloître de l’église Santa Catalina (province de Córdoba)

Ses deux autres fils, Pablo et Nicolas, respectivement corniste et saxophoniste professionnels, sont confrontés aux mêmes problématiques. “Parfois, ils téléchargent des partitions sur Internet. Ce n’est pas très légal, mais à vrai dire, on n’a pas vraiment d’alternative. Moi, je préfère travailler sur des photocopies, mais ce n’est guère mieux”.

Quand nous rentrons le soir, Nicolas a réuni un quintette de saxophones, qui remplit la maison des airs guillerets d’un compositeur français. Pas étonnant que, dans cette maison, les quatre bibliothèques bien garnies contiennent plus de partitions que de livres. Et encore, parmi les livres, beaucoup traitent de musicologie !

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November 20th, 2009 at 18:39 by Magali Tardivel-Lacombe

Bibliodiversite : complements d’information

Guido Indij m’apprend a l’instant qu’une erreur s’est glissee dans mon article : contrairement a ce que j’ecrivais, il n’a pas participe a l’exposition a St-Germain-des-Pres.

Par ailleurs, il souhaite signaler que El Libro de los libros a ete lance en version anglaise lors de la Foire du livre de Francfort.

A bientot pour d’autres decouvertes argentines et sud-americaines !

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November 11th, 2009 at 18:09 by Magali Tardivel-Lacombe

Bibliodiversité (2/2)

Suite de la rencontre avec Guido Indij, éditeur à la Marca Editorial, Buenos Aires (Argentine)

Guido Indij_BibliodiversidadGuido Indij est très fier d’avoir publié un texte du Français Gilles Colleu, éditeur à Vents d’Ailleurs : La edicíon independiente, como herrameinte protagonica de la bibliodiversidad (traduction du texte publié en 2006 chez l’Alliance des éditeurs indépendants, coll. Etat des lieux). L’idée de bibliodiversité, qui insiste sur l’importance culturelle de l’édition indépendante, a émergé au début des années 2000, mais on ne saurait dire qui en est l’auteur ; des recherches sont en cours, mais vous en savez peut-être davantage, vous lecteurs ?… Cet essai de Gilles Colleu fait écho au cheval de bataille de l’éditeur argentin, qui s’engage en tant que coordinateur local pour le réseau hispanophone de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants, connu sous le nom de l’Alianza de los editores independientes para otra mundialisacion (AEI), l’Alliance des éditeurs mexicains indépendants (AEMI) et l’Edinar, qui défend la “diversité bibliographique”. Il manque de temps pour donner des détails sur tous ces réseaux et indique simplement : “C’est très important à mes yeux, en tant qu’éditeur indépendant, mais aussi en tant qu’Argentin. Nous sommes encore assez mauvais pour travailler en groupe, alors que c’est une force”.
 
Interview with Guido IndijSon désir de rapprocher les gens ne se manifeste pas seulement sur le plan éditorial. En tant que photographe, il travaille aussi sur les gestes propres à chaque culture. Dans le premier tome de cette série intitulée Sin palabras, à paraître chez La Marca Editorial, il met en scène ses compatriotes ; pour le deuxième volume, il a commencé un projet avec les Italiens. En 2008, il a même participé à une exposition au Centre Pompidou, dans le cadre de l’Année européenne du dialogue interculturel. Avec le titre “Faites un geste”, Guido Indij invitait les visiteurs à offrir un geste qu’ils trouvaient parlant. “Parce que finalement, il n’y a qu’un seul geste que l’on comprend dans le monde entier : c’est le sourire”, conclut l’éditeur qui rentre chez lui se remettre de la Foire du Livre de Francfort. Par chance, il n’a que la rue Rivarola à traverser. A croire que l’une des plus petites rues de Buenos Aires, longue d’un seul “cuadra” (pâté de maison), lui appartient tout entière !
 
Avant de prendre congé, je lui pose la question classique de l’unique livre qu’il emporterait en voyage. “Difficile ! J’aime bien la réponse d’Oscar Wilde, qui disait que le meilleur livre à emporter sur une île déserte était un livre tout blanc, qui serait encore à écrire. Sinon, je dirais sans doute Mille Plateaux de Deleuze et Guattari“.

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November 9th, 2009 at 02:50 by Magali Tardivel-Lacombe

Bibliodiversité (1/2)

Rencontre avec Guido Indij, éditeur à La Marca Editorial, Buenos Aires (Argentine)

Géant tranquille aux moustaches souriantes, Guido Indij, photographe et éditeur, nous reçoit dans l’entrepôt empli de livres, de photos et de toiles, qui lui sert de bureau. Il a les yeux fatigués de l’éditeur qui revient de la Foire du Livre de Francfort. Quasiment un passage obligé cette année pour les professionnels du livre argentins, qui seront accueillis en octobre 2010 comme invités d’honneur. Pour Guido Indij, ce type de salon permet de présenter des collections qui, sinon, restent dépareillées dans les librairies. “Aucun catalogue n’est présenté dans sa totalité dans les librairies, c’est dommage. Alors j’ai décidé de créer mon propre réseau, à Buenos Aires et Córdoba”.
 
BookshopLa librairie de la capitale, Asunto Impreso, est située à deux pas, dans la même rue Rivarola. On vient de loin pour y trouver des livres d’art, dont elle s’est fait la spécialité. La Marca Editorial, maison d’édition que Guido Indij a fondée en 1992, se concentre elle aussi sur l’art, la photographie, ainsi que les essais esthétiques et la philosophie. Beaucoup de ses propres travaux photographiques sont publiés chez La Marca Editorial, dont le nom n’est d’ailleurs pas tout à fait innocent : “Cela exprime un peu l’idée romantique de laisser une marque, une trace de son passage sur Terre. Après tout, c’est pour cela que l’on publie des livres, non ?” Cette passion pour les livres l’a même conduit à réaliser un Libro de los libros, qui recense les lieux littéraires les plus intéressants de Buenos Aires.
 
Toujours dans la même rue Rivarola, La Marca Editorial, qui emploie 14 personnes en tout, a installé en 1995 son propre service de distribution. Il s’agissait de pallier les difficultés rencontrées avec les distributeurs extérieurs, et surtout de faciliter l’exportation. Les ouvrages fortement illustrés que Guido Indij publie se prêtent particulièrement bien Guido Indijà la coédition internationale, du fait du peu de textes qu’ils contiennent. “Nous faisons souvent des livres bilingues espagnol-anglais. Parfois, il n’y a même que la couverture qui comporte une mention écrite. C’est encore plus facile”. Son grand succès, ce sont les flip-books, ces livres minuscules que l’on feuillette rapidement avec le pouce pour faire défiler une saynette : un homme se prend une tarte à la crème en pleine figure ; une rue de Buenos Aires se lève, s’anime et se couche ; un Zeppelin survole la capitale argentine au début du XXe siècle… Il en a vendu un demi million d’exemplaires dans le monde entier, et a participe en ce moment à une exposition sur ce thème à Paris, dans la station de métro Saint-Germain-des-Prés.
 
 
A suivre…

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September 26th, 2009 at 15:36 by Magali Tardivel-Lacombe

Girafe-livre à Marseille

Vu à Marseille, sur la Canebière / Seen in Marseille, France

Girafe (1)

Girafe

Girafe (2)

Girafe (3)

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