February 2011

February 21st, 2011 at 19:59 by Magali Tardivel-Lacombe

De Suède ou de Syrie, pour grands et petits

Rencontre avec Balsam Saad dans sa librairie jeunesse Al-Balsam au Caire, Egypte

Balsam SaadEntre les éditions et la librairie, son cœur balançait. Alors plutôt que de trancher cruellement ce désagréable dilemme, Balsam Saad a décidé de faire les deux. Après les éditions Al-Balsam, voici donc la librairie éponyme, ornée du même logo floral. Ouverte depuis mai 2010 au bord d’une avenue passante, elle est la seule boutique d’Egypte spécialisée en littérature jeunesse ; les plus proches concurrents se trouvent au Liban et en Jordanie. Trois employés, un seul mot d’ordre : faire lire en arabe ! “Mon rêve, c’est d’avoir en rayon tous les livres jeunesse en arabe qui existent”, explique Balsam. “J’en commande parfois qui viennent de Suède !” On ne le répètera jamais assez : malgré son unité linguistique, le monde arabe ne dispose pas encore de système de distribution. La jeune femme s’adresse donc directement aux éditeurs arabes pour commander les ouvrages qu’elle souhaite mettre en rayon. Afin de mieux connaître ce qui se fait, notamment au Maghreb, elle assiste autant que possible aux foires du livre de la région.

Librairie Al-BalsamComme toute librairie de quartier qui se respecte, Al-Balsam draine sa clientèle dans les environs immédiats, décernant déjà un bon point de fidélité aux écoles. “Mais la boutique est encore toute jeune”, reconnaît la jeune femme, “alors nous devons encore faire de la publicité”. Les invitations d’auteurs, régulières, devraient contribuer à asseoir la réputation de la librairie. Une auteure libanaise, agréablement surprise de trouver sa bibliographie complète en rayon ici, a ainsi été écoutée par une quinzaine de personnes. Des auteurs et illustrateurs égyptiens bien implantés, comme Walid Taher et Rania Amin, n’ont pas hésité à faire le déplacement. De son côté, la librairie voyage elle aussi, et s’immisce dans les salles de classe du Caire.

Balsam Saad dans sa librairie Sur les étagères, l’album pour enfant a la part belle, tandis que le roman pour adolescent peine à trouver sa place. “En fait, peu d’auteurs arabes écrivent pour les adolescents”, explique Balsam. “En rayon, je ne propose donc que des traductions, ce qui est problématique car on constate souvent un écart interculturel entre le sujet du livre et le lecteur arabophone. C’est ce qui a rendu si délicate la traduction de Fire Belly, le roman pour jeunes adultes de J.C. Michaels, qui met en scène une grenouille handicapée”. A l’étage, la libraire propose aux enfants de lire dans d’autres langues. Par ailleurs, un quart du fonds s’adresse aux parents : “Les adultes savent que, lorsqu’ils accompagnent leurs enfants ici, ils peuvent eux aussi repartir avec un livre sous le bras”.

Et la bande dessinée, dans tout ça ? “Les romans graphiques suscitent un intérêt croissant”, remarque la jeune femme. “Mais j’avoue que je n’ai en rayon ni mangas, ni bandes dessinées”. Elle avait, pour sa maison d’édition, le projet de faire traduire une bande dessinée allemande, mais lorsqu’elle a réalisé à quel point le scénario était morbide, elle a abandonné l’idée : Alia’s Mission-Saving the Books of Iraq“On voit déjà trop de malheurs à la télévision ! Moi, je veux donner espoir avec mes livres”. Elle ajoute : “En plus, ce livre mettait en scène des suicides, un thème inacceptable pour la société égyptienne”. L’héroïsme d’une bibliothécaire irakienne qui a sauvé quelque 30 000 livres durant la guerre de 2003 l’a en revanche séduite, et elle a publié Alia’s Mission: Saving the Books of Iraq, une bande dessinée américaine en noir et blanc qui raconte cet exploit. Comme pour n’importe quel autre titre, elle en a imprimé 3 000 exemplaires, mais ils s’écoulent très mal. Peut-être est-ce dû manque d’habitude des lecteurs arabes face à la bande dessinée. “Surtout, les gens ne veulent pas entendre parler de la guerre”, insiste Balsam.

Comme toujours, l’entretien se termine sur ma question fétiche : “Si vous deviez passer le reste de votre vie sur une île déserte, avec un seul et unique livre, lequel choisiriez-vous ?” Sa réponse balance : “Peut-être Le Petit Prince, qui m’a fait aimer lire… Ou plutôt, non, je dirais La Ferme des animaux“. Deux contes que grands et petits ne lisent pas avec le même regard… “Tout comme Le Petit Prince, le texte de George Orwell est simple mais fort. Et surtout, il pose avec justesse la question ‘Qu’est-ce qui arrive réellement quand on pense faire les choses bien ?’”. Vaste question qui, à n’en pas douter, travaille en ce moment les Egyptiens, au plus profond d’eux-mêmes…

Ciel au-dessus du CaireCiel vespéral au-dessus du Caire

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February 15th, 2011 at 15:27 by Magali Tardivel-Lacombe

Du baume au coeur

Rencontre avec Balsam Saad, créatrice des éditions et de la librairie Al-Balsam au Caire (Egypte)

Balsam Saad présente un livre de ses éditionsUne nouvelle fois, il sera démontré que tous les chemins mènent au livre. On peut, comme Balsam Saad, quitter un bureau d’ingénieur pour ouvrir une maison d’édition. “Ma cousine et moi déplorions la dégradation des cours d’arabe en Egypte. Il semblerait que, quand nous étions enfants, ils étaient plus ludiques qu’aujourd’hui”, raconte la jeune femme. “Cela nous a donné envie d’éditer des livres en arabe, que les jeunes égyptiens auraient plaisir à lire”. Le succès croissant des écoles privées internationales finit en effet par faire de l’apprentissage de l’arabe le parent pauvre des enseignements face aux cours d’anglais et de français, comme une plante qui, à l’ombre d’arbres puissants, ne peut pleinement s’épanouir.

Manches retroussées, Balsam a donc d’abord défriché son propre terrain en suivant une formation de 10 jours avec les Stanford Publishing Courses for Professionals, en Californie. Logo des éditions Al-BalsamAvant même d’être lancée, elle s’inscrivait d’emblée, grâce à ce cours, dans un réseau de professionnels internationaux. Elle commence par nommer son jardin encore secret Al-Balsam, comme elle : “Mon père aime tellement le jardinage qu’il m’a donné un nom de fleur, de même que ma sœur, qui se prénomme Jasmine”. Ce choix ne reflète pas pour autant un narcissisme débordant : “Balsam, c’est facile à comprendre dans toutes les langues, ça évoque un baume. A mes yeux, un bon livre doit avoir des vertus curatives, comme une plante médicinale…”

En 2005, la jeune femme plante ses premières pousses. “Il y a toujours eu des livres pour enfants en Egypte, seuls les plus récents sont vraiment beaux”, avance-t-elle. “J’ai eu envie de faire moi aussi de beaux livres”. Dans un premier temps, freinée par son anonymat dans le milieu, elle ne parvient pas à rallier des auteurs arabophones, peu nombreux et trop souvent rattachés à d’autres maisons d’édition comme du lierre à un mur déjà solide. Qu’à cela ne tienne, elle aime aussi les langues et cultures étrangères ! “La Coccinelle mal lunée d'Eric Carle_Version arabeMême s’il serait plus simple de publier des traductions de l’anglais, je m’intéresse davantage aux autres langues : l’espagnol, le coréen, le français… J’aime la diversité”. Les livres jeunesse étrangers s’avèrent parfois épineux à traduire en arabe, comme en atteste l’anecdote que raconte l’éditrice : “Une de mes amies a dû expliquer à un éditeur américain qu’elle devrait édulcorer un dialogue de dispute entre un père et son fils, car tel quel, il risquait de choquer les lecteurs arabes, particulièrement respectueux des valeurs traditionnelles comme la famille ou la religion. L’Américain s’est montré très surpris”. Ces embûches ne freinent pas pour autant Balsam dans son élan, puisque depuis 2007, elle distribue des ouvrages étrangers sur le marché arabe.

Tout Eric Carle en arabe chez Al-BalsamPatiente vivace qui ne craint pas les petites bêtes, elle a obtenu les droits mondiaux pour publier en arabe les livres d’Eric Carle. Chenilles, coccinelles et caméléons ont donc commencé à courir de droite à gauche sur les pages. En 2006, le prix sépcial Livre jeunesse créé par Suzanne Moubarak, l’ancienne première dame d’Egypte, est décerné au Caméléon Méli-Mélo (éditions Mijade, Namur, 2001, pour la version en français). Quant à La Chenille qui faisait des trous (Mijade, 1999), elle est déjà en réimpression : le premier tirage de 3000 exemplaires –un minimum de rentabilité– s’est écoulé comme une brassée de muguet un Premier Mai ! “Pour ce livre”, souligne Balsam, “j’ai aussi eu envie de faire une version en braille et matières à toucher, pour que les enfants aveugles puissent en profiter tout autant que les autres”. Fabriqué en Inde par des imprimeurs rencontrés sur des foires internationales, ce livre a servi à un atelier fructueux pour enfants voyants et non-voyants à la bibliothèque d’Alexandrie. Les livres en carton sont réalisés à Hong Kong, les autres en Egypte même.

La Chenille qui faisait des trous_pour aveugles

Aujourd’hui, la maison qui emploie 8 personnes, s’est ménagée une place au soleil. Elle a réédité Ilabnaty, un texte classique de Nemat Ahmed Fouad sur la maternité, illustré de peintures très douces de Taher Abdel Azim ; un site Internet a même spécialement été créé pour promouvoir ce beau livre. Par ailleurs, Just be yourself, traduit de l’espagnol, reçoit un accueil positif tant auprès des jeunes que de leurs parents, qui y trouvent des réponses à leurs questions sur l’affirmation de soi pendant l’adolescence. Just be yourself en arabeLes projets ne manquent pas et s’épanouissent comme autant de crocus colorés sur une terre printanière. Devraient prochainement paraître des biographies de personnes célèbres à découvrir à partir de 10 ans, et une série de livres éducatifs qui débutera avec Comment fait-on un livre ?, traduit du français (éditions Tourbillon, 2009).

Même si, comme l’expliquait Sherif Bakr, le marché du livre arabophone est fractionné et manque d’un système de distribution global, Balsam considère le monde arabe comme un seul et même pays. C’est pourquoi elle acquiert toujours les droits de traduction pour la zone entière. Ensuite, afin d’y essaimer ses ouvrages, elle assiste à toutes les foires du livre de la région, mais cela reste un processus long. “Il faut créer la demande, mais j’ai bon espoir”, affirme-t-elle. En Egypte, les toutes jeunes librairies indépendantes, notamment Alef et Diwan, ouvrent depuis cinq ans de nouvelles branches et élargissent les débouchés. Une seule, toutefois, se situe hors de la région cairote. La crise financière de 2009 laisse en jachère bien des projets, mais la jeune éditrice ne perd pas le sourire pour autant. D’ailleurs, elle a elle-même ouvert, en mai 2010, une librairie jeunesse au Caire. Ce sera le sujet de mon prochain article…

Entretien avec Balsam Saad

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February 7th, 2011 at 10:48 by Magali Tardivel-Lacombe

Le Superman égyptien (2/2)

Deuxième partie de la rencontre avec Sherif Bakr,

gérant de la librairie et des éditions Al-Arabi,

créateur de l’Arab Academy for Professional Publishing (AAPP) au Caire, Egypte

Entre janvier et juin 2010, chacune des trois premières sessions proposées par l’AAPP s’est constituée de 12 séances, “soit un total de 36 déjeuners !” A chaque fois, une douzaine de professionnels arabes ont assisté aux séminaires portant sur des sujets aussi variés que le marketing, la distribution, l’imprimerie, le copyright, ou encore les ressources humaines, présentés cette fois par des intervenants locaux. Déjeuner avec Sherif Bakr et des amis éditeurs“Les formations professionnelles sont très coûteuses, nous progressons donc à petits pas. Cette année, les intervenants n’étaient pas rétribués, mais j’estime que cela ne peut pas durer ainsi”. Avec une majorité de participants égyptiens, la venue d’un éditeur saoudien et de deux personnes travaillant à la fondation Al Maktoum (Dubaï), permet cependant d’espérer une plus grande résonance hors des frontières dans les années à venir.

L’écho positif qu’a rencontré l’initiative de Sherif a enhardi d’autres professionnels. Aux foires de Francfort (octobre 2009) et Turin (mai 2010), bon nombre d’éditeurs lui ont suggéré de devenir agent littéraire, même si (ou justement parce que) ce travail n’existe pas dans le monde arabe. “A Turin, toutes mes connaissances s’accordaient à dire que j’étais la personne idéale, vu que j’étais le seul éditeur arabe présent à cette foire !” Finalement convaincu et, comme toujours, enthousiasmé par cette idée toute fraîche, il a commencé à contacter quelques auteurs égyptiens et a ainsi pu constituer son premier catalogue pour le présenter à Francfort 2010. Il ne représente pour l’instant que trois titres de fiction et deux auteurs, voulant s’assurer de la stabilité du terrain nouveau sur lequel il s’avançait. “En plus, dans le monde arabe, la politique du ‘wait and see‘ a un succès fou. Du coup, ce n’était pas toujours facile de convaincre Sherif Bakr2les auteurs avant d’avoir donné des preuves tangibles de mon succès”.

Finalement, les premiers pas sont encourageants. En octobre 2010, Sherif a été très bien reçu à Francfort et a obtenu les droits pour la traduction en arabe de Running, une histoire de la course écrite par le Norvégien Thor Gotaas, et dont NORLA soutient la transcription en arabe. “Il existe beaucoup d’aides à la traduction. Au passage, je note que celles de l’Alliance Française du Caire se sont brutalement arrêtées en 2002. Ils n’organisent plus que des cours de langue et quelques concerts, c’est dommage”. Cela dit, Sherif ne se plaint pas : “Les Européens manifestent beaucoup d’intérêt pour l’édition arabe, qui leur paraît certainement exotique. Et puis ils s’imaginent toujours qu’ils pourront ‘inonder’ le grand marché arabophone. Mais je dois dire qu’ils ne sont pas réalistes ! En général, un titre qui marche bien s’écoule à 3000 exemplaires dans tout le monde arabe. Et encore, les prix sont bas, par rapport aux standards européens”.

Cela n’empêche pas Sherif de poursuivre sa double mission. Mener de front la professionnalisation des éditeurs arabes et la promotion de leurs échanges avec les éditeurs d’autres régions stimulera peut-être – qui sait ? – la création de ce grand marché arabophone pour l’instant fantasmé. On chuchote que Superman est dans le coup… Un homme qui choisirait l’Histoire de Pi de Yann Martel comme livre pour l’île déserte saura certainement se tirer des situations les plus inextricables, non ?

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February 1st, 2011 at 23:11 by Magali Tardivel-Lacombe

Le Superman égyptien (1/2)

Première partie de la rencontre avec Sherif Bakr,

gérant de la librairie et des éditions Al-Arabi,

créateur de l’Arab Academy for Professional Publishing (AAPP) au Caire, Egypte

Sherif Bakr Superman“Le Superman égyptien, voilà comment on me surnomme !” affirme Sherif Bakr. Et ce n’est pas seulement parce qu’il arbore un tee-shirt aux couleurs du super-héros. C’est surtout sa folle énergie et ses incroyables projets qui le rendent digne de porter la cape rouge et le justaucorps bleu. Voyez plutôt !

Après une licence en économie et sciences politiques, le jeune homme entre directement dans l’entreprise familiale. Son père avait fondé, dans les années 1970, la maison d’édition Al-Arabi et, tant qu’à faire, une librairie et une papeterie. Après tout, dans une famille d’intrépides sauveurs du monde, pourquoi donc faire les choses à moitié ? “Mon père ne faisait pas preuve d’une ambition démesurée. Dès le début, il a su que la papeterie aiderait à financer les éditions. C’est un fonctionnement classique dans les familles d’éditeurs, comme tu l’as remarqué chez mon ami mexicain Guillermo Quijas”. Ah oui, l’homme-orchestre, vous vous souvenez ? Eh bien en voilà un autre, qui a commencé pianissimo. Enfin, en apparence seulement, car dans les coulisses, les échanges entre le père et le fils étaient plutôt menés… tambour battant ! Sherif évoque des discussions sans fin, des éclats de voix dans la nuit, une mère qui évitait de jeter dans la conversation un grain de sel qui aurait mis le feu aux poudres… “Nous étions têtus tous les deux et n’avions jamais le même avis. Ça ne nous a pas empêchés de travailler huit ans ensemble, ce qui m’a beaucoup apporté. Mon père m’a notamment appris à écouter les remarques des employés”. Au moment du décès du père, la relève était donc assurée : en 2005, Sherif reprenait le business familial.

Librairie gérée par Sherif BakrMais il y avait eu en 2004 un événement marquant dans le parcours de Sherif. Cette année-là, le monde arabe étant l’invité d’honneur de la Foire du Livre de Francfort (FBM), les éditeurs conviés avaient participé à des formations subventionnées par le Goethe Institut, le ministère allemand des Affaires étrangères et la FBM. A cette occasion, Sherif avait découvert de nouveaux thèmes de travail et, dans le même temps, réalisé que ce genre de formation n’existait pas dans le monde arabe. En quatre ans, il a donc monté, avec son ami Sherif Kassem, créateur des éditions Dar-Ein, une Arab Academy for Professional Publishing (AAPP).

Cela ne s’est pas fait en un jour. Au début, le Goethe Institut s’est directement impliqué, en invitant des professionnels allemands. “Avec eux, nous nous sommes parfois heurtés à des incompréhensions interculturelles. Par exemple, comme il n’existe pas de chaîne de distribution dans le monde arabe, notre interlocuteur de Libri [le plus gros distributeur allemand] et son interprète ont eu toutes les peines du monde à nous expliquer le processus”. Dans ces cas-là, Sherif rencontre les intervenants en amont, afin de leur expliquer les éventuelles incompréhensions de leur futur public.

Sherif BakrDans la mesure où le Goethe Institut sponsorise avant tout des événements organisés par d’autres – c’est-à-dire que son rôle n’est pas de faire, mais d’aider à faire –, Sherif a rapidement mis à l’eau sa propre barque, qu’il a menée à bon port. Il a commencé par coudre un fellowship sur-mesure pour Sherif Kassem et lui, en Allemagne. La première semaine, ils ont rendu visite, entre autres, à Libri, aux éditions Peter Mayer et Suhrkamp et à des rédactions de magazines, afin de voir comment fonctionnent la sélection des textes, le paiement des employés et des auteurs, les Volontariat (stages de longue durée)… La deuxième semaine, ils ont participé à une formation organisée par l’Akademie des deutschen Buchhandels à Munich. Forts de ce parcours édifiant, ils ont donc pu établir leur propre académie au Caire, sous le patronage de l’association des éditeurs égyptiens.

Dans le deuxième volet de cet article, vous en saurez plus sur l’AAPP, ainsi que sur le “premier agent littéraire professionnel arabe”…

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