December 2010

December 26th, 2010 at 11:35 by Magali Tardivel-Lacombe

Le vieil homme et les étoiles (2/2)

Suite de la rencontre avec Walter Bgoya, créateur des éditions Mkuki na Nyota à Dar Es Salaam (Tanzanie)

Walter Bgoya2Dans un contexte si pénible, Walter Bgoya a fait du nom de sa maison d’édition un slogan : Mkuki na Nyota, littéralement “Une lance et des étoiles”, ressemble à un duo qui, à ses yeux, reflète autant une lutte quotidienne qu’une volonté d’aller loin, de dépasser les frontières. “Pour moi, c’est un combat jamais gagné non seulement de publier, mais aussi de me connecter au monde”, explique l’éditeur avec un peu de lassitude. “Par exemple, l’African Books Collective, que je préside, a pour but d’exporter les ouvrages de ses membres en Europe, mais son action demeure mineure, parce que les éditeurs et les distributeurs occidentaux veulent des titres qui se vendront à coup sûr, et en grandes quantités. Ce n’est pas le cas des livres africains ! D’ailleurs, je suis allé une fois à la Foire du Livre de Francfort, mais il n’est intéressant d’y assister que si on a les droits d’un ou plusieurs titres à vendre. Mais en Europe, il faut se rendre à l’évidence : personne ne s’intéresse à l’Afrique. Alors je peux faire ma route sans Francfort”.

Il souligne en outre le problème de la langue : ainsi, les ouvrages publiés en swahili ne peuvent s’exporter directement qu’au Kenya, où ils serviront avant tout à l’école, comme c’est le cas de la traduction en swahili de Une si longue lettre, roman de la Sénégalaise Mariama Bâ (Le Serpent à Plumes, 2001). Le Petit Prince en swahiliC’est notamment en pensant à ce marché potentiel que Walter, avec l’appui de l’ambassade de France qui a versé les droits d’auteur à Gallimard, a publié en juillet 2010 la version swahilie du Petit Prince, chichement illustrée en noir et blanc.

Paradoxalement, alors même qu’il constate un désamour des professionnels étrangers pour l’édition africaine, Walter Bgoya ne pourrait peut-être pas continuer son activité sans les financements extérieurs, venus d’un peu partout. La Fondation Ford a ainsi versé la somme nécessaire à l’impression de deux de ses livres d’art en anglais, Sculpture in Tanzania et Art in Eastern Africa. “Reste toutefois à effectuer le marketing, indispensable pour des ouvrages aussi onéreux, et donc particulièrement difficiles à placer sur le marché. Finalement, heureusement qu’il y a des touristes que ça intéresse !” De même, Mkuki na Nyota pourrait recevoir une aide considérable de la Canadian Organization for Development through Education (CODE, Organisation canadienne pour le Développement par l’Education), dont le programme de soutien à l’édition jeunesse permet à chaque titre sélectionné d’être acheté à 3 000 exemplaires.

Ainsi, comme beaucoup d’éditeurs luttant pour leur survie, Walter doit accepter des ouvrages qui peuvent soit servir de support financier aux autres, soit intéresser de potentiels financeurs, comme l’opuscule sur la dépression adolescente, publié grâce à l’aide de la Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ, Société allemande pour la Coopération technique), Livres d'art chez Mkuki na Nyotaou encore Under the Hawthorn Tree, un roman de Marita Conlon-McKenna sur la Grande Famine (en français : Les Enfants de la Faim, Hachette-Jeunesse, 1992), traduit en swahili avec le soutien de l’ambassade d’Irlande. On peut toutefois se demander si ce genre d’ouvrage interpellera le lectorat tanzanien… Mais au moins, c’est une manière pour Mkuki na Nyota de rester à flot, tout en continuant à étoffer un catalogue qui, par son ouverture et son éclectisme, affermit la réputation de la maison.

L’éditeur se dit par ailleurs ouvert aux nouvelles technologies, évoquant l’idée d’e-books pour enfants qui comporteraient un contenu animé. “Mais cela reste encore une utopie”, reconnaît-il, “dans la mesure où nos connaissances techniques et nos moyens financiers sont encore en retard par rapport au reste du monde”. Et puis comment distribuer des ouvrages virtuels lorsque l’accès à Internet reste difficile pour la majorité de la population ? Sans oublier que le paiement en ligne n’est encore que très peu développé en Afrique.

Ces conditions de travail et d’existence particulièrement ardues n’empêchent pas l’éditeur de mener à bien des projets qui lui tiennent à coeur, comme des contes signés de sa plume, richement illustrés. Les 1001 Nuits en swahiliIl a par ailleurs achevé l’ambitieuse publication d’une nouvelle traduction des Mille et Une Nuits, dont l’édition chez McMillan, publiée à la fin des années 1920, s’avère aujourd’hui en rupture de stock. Les huit volumes devraient connaître un bon succès, d’autant que le voile de censure qui recouvrait la première édition, distribuée par des missionnaires qui ne toléraient aucune allusion sexuelle, est désormais levé. Fort de son renom dans la région, qui encourage les auteurs est-africains à s’adresser à lui, Walter essaie de développer la fiction en swahili. Il se félicite ainsi que le roman d’Adam Shafi, Les Girofliers de Zanzibar (Khartala, 1992), s’écoule de manière régulière depuis 1999, pour déjà atteindre les 20 000 exemplaires vendus.

Comme le vieil homme d’Hemingway, Walter ne perd donc ni courage ni patience. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le nom de sa maison d’édition évoque également ses trois enfants : son fils Mkuki et ses filles, ses deux étoiles. Une manière de se convaincre secrètement de toujours garder confiance en sa bonne étoile ?

Je vous recommande de lire également le récit que Walter Bgoya a écrit à propos de son parcours avant d’être éditeur.

Walter Bgoya3

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December 18th, 2010 at 17:25 by Magali Tardivel-Lacombe

Le vieil homme et les étoiles (1/2)

Rencontre avec Walter Bgoya, fondateur des éditions Mkuki na Nyota à Dar Es Salaam (Tanzanie)

Walter BgoyaSi Walter Bgoya affirme qu’il choisirait Le Vieil Homme et la Mer d’Hemingway comme livre pour l’île déserte, c’est peut-être parce que cette histoire de patience infinie lui rappelle la sienne, sa propre course d’endurance jonchée d’obstacles. Sa propre lutte, à la vie à la mort.

A la tête depuis 1972 de la Tanzania Publishing House (TPH), à l’époque détenue par l’Etat, l’homme a finalement mis sur pied sa propre maison en 1991. “Comme il y avait eu un programme d’ajustement structurel de l’OMC en 1985″, raconte-t-il, “une forte dévaluation du shilling tanzanien avait entraîné une impressionnante augmentation des coûts d’impression, doublée d’une chute vertigineuse du nombre de livres réalisés. J’ai donc dû commencer tout doucement, en mettant à profit les bons contacts que j’avais déjà avec les imprimeurs”. Encore aujourd’hui, après 38 ans de métier, Walter donne l’impression de devoir s’attaquer à des montagnes indéracinables. TPH Bookshop à Dar Es SalaamIl déplore le manque de librairies en Tanzanie, plombé par le désintérêt de l’Etat pour cette problématique : “C’est bien simple, quand on parle de livres, le gouvernement répond manuels scolaires. L’éducation doit bien entendu être une priorité, mais elle ne peut se développer au détriment des professionnels du livre, car eux aussi y contribuent, en encourageant la lecture. Or, la politique actuelle consiste à réduire le nombre d’ouvrages scolaires pour ne choisir qu’un seul titre par matière pour l’école primaire”. Une problématique dont nous avait également parlé Hobokela Magale, à l’Association des libraires de Tanzanie. “Mais il faut savoir”, rajoute Walter, “que la plupart des éditeurs tanzaniens ne survivent que grâce à ces livres-là. S’ils ne peuvent plus les écouler, c’est la faillite assurée !”

Quand on sait qu’un Tanzanien ne gagne guère plus de 80 000 shillings par mois (environ 40 euros), le coût moyen d’un livre (5 000 shillings) représente une somme colossale. Quant aux enfants, ils sont tenus d’être scolarisés entre 7 et 14 ans. Entretien avec Walter BgoyaOr, l’école primaire, quoiqu’officiellement gratuite, requiert la prise en charge par les parents de l’uniforme et de la papeterie nécessaires aux élèves. Autant dire que le livre ne constitue pas une priorité pour les ménages. A en croire un article de 1990 intitulé Bookless (”Sans livres”, un titre plus qu’éloquent…), la situation ne semble guère avoir évolué.

En outre, l’aide à l’éducation allouée au gouvernement tanzanien par la Banque Mondiale, à hauteur de 15 millions de dollars cette année, ne concerne pas uniquement les manuels scolaires : il s’agit aussi de construire des écoles, d’aménager des laboratoires de chimie, etc. Encore une fois, le livre n’occupe pas la première ligne de la liste. Quoi qu’il en soit, Walter reste soupçonneux envers les aides extérieures, certes destinées à améliorer l’accès au livre, mais traînant dans leur ombre des effets pervers peu souvent évoqués. Par exemple, le dispositif britannique Book Aid International, qui fournit gratuitement des livres à des bibliothèques, des écoles, ou encore des hôpitaux, dans 12 pays de l’Afrique sub-saharienne, ne donne finalement accès aux lecteurs africains qu’à un nombre assez réduit d’ouvrages. “Pire encore”, souligne l’éditeur, “les livres donnés par le biais de tels programmes véhiculent une culture anglo-saxonne qui n’a guère de sens en Afrique de l’Est. Et le tout, en anglais bien sûr !”

Il ajoute : “En ce qui concerne les livres de fiction, on pourrait imaginer que l’Etat en achète un certain nombre tous les ans pour approvisionner les bibliothèques. Mais ce n’est pas non plus à l’ordre du jour”. L’existence de BAMVITA, le Conseil du Développement du Livre en Tanzanie, qui a vocation à coordonner les activités des professionnels du pays, ne change pas grand-chose à cet état de fait, dans la mesure où cette association à financement privé peine à rassembler le budget nécessaire à son fonctionnement.

Dans la seconde partie de cet article, vous en saurez davantage sur Mkuki na Nyota, la maison d’édition créée par Walter Bgoya.

Leçon de lecture improvisée à ZanzibarA Zanzibar, la fille du propriétaire des bungalows où nous logeons me surprend en train de lire. Une leçon de lecture s’improvise, dans un anglais approximatif… Elle aimerait bien que je lui offre l’ouvrage !

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December 10th, 2010 at 16:54 by Magali Tardivel-Lacombe

Des progrès très progressifs

Rencontre avec Hobokela Magale, secrétaire de direction de l’Association des libraires de Tanzanie (BSAT) à Dar Es Salaam

Hobokela MagaleEn Tanzanie comme dans bien d’autres pays, le métier de libraire s’apparente à n’importe quelle autre activité de commerce. Hobokela Magale l’explique clairement : “Vous êtes certes tenu de disposer d’une licence, d’un numéro d’enregistrement et vous devez payer les taxes, mais aucune formation n’est nécessaire pour vendre des livres. D’ailleurs, très souvent, on trouve des livres dans des épiceries ou des boutiques de matériel de construction !” C’est pourquoi la Booksellers Association of Tanzania (BSAT) propose des séminaires d’une ou deux journées sur divers thèmes : l’aménagement d’une librairie, le marketing, les relations avec les clients, etc. En payant une simple cotisation de 50.000 shillings par an (environ 33 euros), n’importe quel libraire tanzanien peut faire partie de l’association, ce qui porte à près de 700 le nombre de ses membres actuels. Affiche de la Semaine du Livre 2009La BSAT dépend entièrement de ces cotisations pour louer ses locaux, assurer sa communication et organiser ses formations. Ces dernières sont souvent couplées à l’Assemblée générale annuelle, afin de minimiser les dépenses des libraires, qui doivent financer eux-mêmes leur déplacement et leur hébergement lors des activités mises en place par l’association.

Si les libraires possèdent aujourd’hui leur propre association représentative, il n’existait à l’origine qu’une seule entité, créée en 1964, qui comprenait également les éditeurs. “A l’époque”, raconte Hobokela, “on trouvait en Tanzanie surtout des librairies religieuses, affiliées à différentes Eglises. C’est avec l’aide de l’Etat, au début des années 1990, que les librairies généralistes se sont développées. Quant aux éditeurs, on n’en compte toujours qu’une quarantaine actuellement”.

En ce moment, le souci majeur de la BSAT, qui emploie deux personnes à plein temps, concerne les ouvrages scolaires, principale source de revenus des libraires tanzaniens. Présentoir de livres dans les locaux de l'associationDepuis 2009 en effet, la  Commission d’autorisation du matériel éducatif (Education Material Approving Committee, EMAC), entité étatique, est chargée par l’Etat de sélectionner un unique titre par matière, avant de distribuer lui-même les ouvrages retenus. Indignée, Hobokela travaille à contrecarrer cette réforme, dont elle peine à comprendre la logique : “Officiellement, les ministres veulent nous faire croire que les enfants pourraient pâtir d’un manque de clarté s’ils disposent d’une dizaine de titres par matière. Mais c’est un argument absurde, car chaque instituteur ne choisit bien entendu qu’un seul livre par matière ! J’ai l’impression qu’en coulisses, le gouvernement voudrait réactiver l’activité éditoriale que poursuivait autrefois l’Institut pour l’Education“. Ce changement affaiblit des libraires déjà ralentis dans leur activité depuis qu’ils ne peuvent plus se rendre eux-mêmes dans les écoles pour y vendre les ouvrages ; la distribution, désormais assurée par les maisons d’édition elles-mêmes via leurs représentants attitrés, leur cause en effet un tort direct.

Dans ce pays où l’abondance de lecteurs de journaux semble témoigner d’un réel goût de lire, il est pour le moins surprenant que l’Etat, en entravant l’activité des libraires, freine leur envie de constituer un marché plural qui rendrait l’accès aux livres plus facile et plus attrayant pour les lecteurs potentiels. Là où la piraterie n’existe même pas car elle coûterait trop cher en frais de papier et d’impression, pourquoi diable mener la vie dure à des professionnels dont les conditions de travail ne sont déjà pas simples ?

Façade de BSAT

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December 3rd, 2010 at 17:45 by Magali Tardivel-Lacombe

Le temps de lire (2/2)

Suite de la rencontre avec Demere Kitunga, co-fondatrice des éditions E&D

et créatrice du Soma Book Café à Dar Es Salaam (Tanzanie)

L’index accusateur avait pointé le problème, il restait donc à désacraliser le livre. C’est ainsi qu’en 2008, Demere a inauguré son Soma Book Café, dans un quartier résidentiel de Dar Es Salaam. Cafe litteraireElle l’a pensé et défini comme un espace agréable, comportant non seulement une petite librairie, mais aussi un jardin dont l’ombre généreuse et le café en plein air sont ouverts à tous. “C’est la première expérience de librairie-café en Tanzanie ! Je veux que les acteurs qui se mobilisent en faveur de la lecture le considèrent comme bien à eux. Du coup, on y organise des activités où le livre sert à stimuler la créativité”. Un jour, des jeunes viennent lire à voix haute leurs poèmes, un autre des étudiants bénévoles animent un atelier de musique, un autre encore une initiation au journalisme permet à des enfants de s’interviewer mutuellement sur des textes et dessins qu’ils viennent de signer. “Pour moi”, affirme Demere, “tous les moyens sont bons pour mener à la lecture. Il faut utiliser l’oral pour soutenir l’écrit. Internet est aussi un très bon outil. Nous sommes actuellement en train de développer notre site pour qu’il contienne un forum où les gens pourraient échanger leurs conseils de lecture, leurs idées…”

Toujours dans l’idée de creuser l’appétit de lecture et d’éveiller la soif d’écriture, Demere a par ailleurs mis en place un magazine littéraire bilingue (anglais-swahili), en couleurs et papier glacé, pour lequel tout un chacun peut proposer un article, pourvu que cela parle, de près ou de loin, de livres et d’auteurs. Soma MagazineCe mensuel a vocation à être distribué dans toutes les librairies du pays. Encore un défi à relever, tant le réseau des professionnels tanzaniens du livre est peu structuré, malgré l’existence de plusieurs organismes qui pourraient jouer un rôle unificateur (BAMVITA, Booksellers’ Association…). Pour l’instant, on ne le trouve donc qu’à Dar Es Salaam, et certaines institutions comme Mfuko wa Utamaduni (Fonds Culturel Tanzanien) en achètent des dizaines d’exemplaires pour les redistribuer gratuitement à des écoles.

Depuis deux ans que le Soma Book Café mixe des jus de fruits devant la librairie, son public vient principalement des vastes maisons retranchées derrière les hauts murs du quartier. Interieur de la librairie SomaTrois ordinateurs ouvrent sur l’infini d’Internet et l’intimité tranquille du jardin encourage les étudiants à y venir réviser leurs examens. Cependant, la librairie, qui devrait être le coeur battant de ce lieu, semble encore faible sur ses jambes. Le coin enfants est bien fourni en albums illustrés, mais pour le reste, on a la douloureuse impression qu’un particulier a fait don de sa bibliothèque personnelle. Beaucoup d’étagères, presque vides, présentent quelques ouvrages défraîchis posés à plat. Aux yeux de Demere, le problème vient des éditeurs : “Comme le réseau de distribution est complètement informel en Tanzanie, il faut que les éditeurs s’intéressent à nous directement pour que nous puissions passer des contrats avec eux. Leisure_Culture_LearningNous représentons certes les éditions britanniques Pambazuka, mais c’est parce qu’ils connaissent très bien le marché africain. En revanche, nous venons à peine de passer un contrat informel avec Mkuki na Nyota, qui est actuellement le plus gros éditeur tanzanien”.

En outre, si Demere se réjouit de profiter de la force financière de E&D, elle reconnaît que la librairie-café n’est pas lucrative. D’abord, il a fallu acheter les locaux, ce qui, soulagement, constitue aussi une sécurité pour l’avenir. A cela s’ajoute chaque mois le salaire des sept employés : deux libraires, un cuisinier, un informaticien à mi-temps, deux agents d’entretien et, depuis trois mois seulement, une responsable marketing. Quand on pense aux librairies anglophones du centre-ville, dont les rayonnages regorgent de romans, guides et livres de photographies à destination des nombreux touristes fortunés qui passent par là, entre un séjour à Zanzibar et un safari dans le parc du Serengeti, la comparaison fend le coeur. Dans la mesure où les libraires tanzaniens sont confrontés tant à une production éditoriale locale réduite qu’à un lectorat encore trop peu développé, l’idée de Demere est peut-être promise à un bel avenir, même s’il est encore trop tôt pour le proclamer à pleins poumons. Car ça aussi, ça prendra du temps.

Demere raconte

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