Des tas de coups de pouce, coups de pouce d’Etat (1/2)
Rencontre avec Mauricio Volpi, fondateur des éditions Nostra Ediciones à Mexico (Mexique)
Les locaux de Nostra Ediciones sont installés dans une maisonnette à Coyoacan, quartier résidentiel de Mexico où Frida Khalo habitait une maison bleue. Rien à voir, donc, avec le gigantesque immeuble de verre qui abrite le Fondo de Cultura Economica (voir article précédent). Car s’il s’agit à nouveau d’éditeurs jeunesse, cette fois nous avons affaire à des indépendants, à financement privé. Pourtant, vous verrez que l’Etat ne joue pas un rôle mineur dans le développement de Nostra. Mais d’abord, une brève présentation de la maison.
Le directeur, Mauricio Volpi, a commencé par monter une entreprise d’imprimerie et, par ce biais, s’est auto-formé à l’édition, prenant le temps de rencontrer des professionnels. Passionné par les arts graphiques, il se dédie depuis le début aux livres illustrés.
Le premier qu’il a publié, Adivinancero de Valentin Rincon (novembre 2003), est un recueil de devinettes qui reflète bien son goût pour les jeux typographiques, imaginés et mis en page par son ami illustrateur Alejandro Magallanes. Le succès fut tel que Mauricio n’a pas hésité à retravailler plusieurs fois avec les mêmes auteurs, dont Acertijero lui plaît tellement qu’il l’emporterait volontiers sur une île déserte !
Mauricio pose ensuite sur la table toute une série d’ouvrages minces, de la collection “Para Entender” (”Pour comprendre”). Chaque numéro se consacre à un écrivain ou un thème, le but étant de poser de premiers jalons d’explications et de donner envie au lecteur d’approfondir ses lectures. Dans le même esprit, cette fois à destination du jeune public, la collection “Historias de verdad” (”Histoires pour de vrai”) raconte l’histoire du Mexique. Après les huit premiers tomes, réalisés en cinq ans, Nostra prévoit d’élargir la série en se penchant sur les premières civilisations d’Amérique latine, puis pourquoi pas sur l’Europe et l’Asie, pour constituer à terme une collection de 100 ouvrages.
La table ronde autour de laquelle nous discutons se couvre peu à peu de livres. Mauricio Volpi est fier de nous présenter la collection de poésie pour enfants, celle sur la découverte des sciences, celle en carton pour les tout-petits, jusqu’à la plus récente, très illustrée, qui remet au goût du jour de courts textes classiques. Sans oublier que Nostra publie également du roman graphique (dernièrement, un texte d’Edgar Poe mis en images par Diego Molina) et de grands livres bilingues en espagnol et langues locales, illustrés par des peintres contemporains (Miguel Castro Leñero par exemple). Notons qu’en outre, Mauricio a mis sur pied, en partenariat avec la fondation TelMex, le Centre culturel d’Espagne et la Foire du livre de Guadalajara, Invenciones, un concours international du roman court en espagnol et de l’album illustré, deux catégories dotées de 10 000 dollars chacune. Bref, les projets ambitieux ne manquent pas !
Alors qu’il commence à disparaître derrière des piles de livres, je commence, pour ma part, à me demander par quelle magie il réussit, a priori avec autant de succès qu’Eliana Pasaran au Fondo de Cultura Economica, à publier ce qui lui plaît, tout en conservant une grande exigence… et les moyens d’employer 14 salariés, dont un en Espagne !
Réponse à cette énigme la prochaine fois ! A suivre…





















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