Une mosaïque du monde (2/2)
Suite de la rencontre avec Klaus D. Schleiter,
éditeur de Mosaik « Steinchen für Steinchen » (Berlin, Allemagne)
Case extraite du numéro 382 d’octobre 2007, « Im Kloster ist der Teufel los » (« Panique au cloître »).
Mosaik publie également un magazine spécialisé dans la bande dessinée européenne, Zack, tiré à 7 500 voire 10 000 exemplaires par mois. Des séries, telles que les aventures de Michel Vaillant, y paraissent, avant de sortir en album, parfois chez Mosaik, parfois chez d’autres éditeurs qui en rachètent les droits. Outre les recueils des aventures des Abrafaxe, la maison d’édition publie des livres illustrés et des ouvrages éducatifs comme Wie funktioniert die Welt, un livre sur les phénomènes naturels au quotidien, où les Abrafaxe sont de nouveau à l’œuvre pour donner des explications. Depuis 2007, Anna, Bella et Caramella, qui sont peut-être les cousines des Abrafaxe, ont été créées pour un lectorat féminin.
Dans l’idée de conquérir un public allemand traditionnellement réticent à la bande dessinée, Klaus D. Schleiter a ouvert dans ses locaux un cinéma de vingt-deux places, qui accueille chaque semaine une classe de primaire. Depuis quelques années en effet, le processus de création d’une bande dessinée est inscrit au programme scolaire. Par ailleurs, un film a été mis en place pour les instituteurs, afin de leur expliquer comment utiliser le support de la bande dessinée en classe.
Publicitaire de formation, Klaus D. Schleiter s’est lancé dans l’aventure de Mosaik au moment de la Réunification, date à laquelle l’existence du magazine était remise en cause. Les cahiers sont alors passés de 20 à 36 pages, s’étoffant d’informations sur les thèmes abordés, de lettres de lecteurs et de reportages sur des événements culturels. Les locaux, autrefois situés juste derrière le Mur côté RDA, à deux rues de la Porte de Brandebourg, ont déménagé dans un quartier résidentiel de l’Ouest.
En constant chantier, pour reprendre l’idée de Régine Robin, Berlin m’apparaît comme l’endroit idéal pour la création illustrée. Suivant l’exemple de l’East Side Gallery, grand pan du Mur conservé pour la libre expression d’artistes du monde entier,
la ville continue de voir ses façades s’orner de graffitis, collages, peintures murales. En 2009, elle fête l’anniversaire de la « friedliche Revolution » (révolution pacifique) qui a vu le Mur tomber. Mais après vingt ans, elle n’a toujours retrouvé un visage uniforme et définitif. J’ai entendu dire « Berlin ist nicht, Berlin wird » (Berlin n’est pas, Berlin devient). À juste titre !
25 juin 2009
Collage mural à Prenzlauer Berg














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